Marie de DECKER : La Chercheuse d’Or

Entre force et fragilité, résistance et délicatesse, les œuvres de Marie DE DECKER imposent une présence singulière. L’or, les filets de pêche, les textiles et les perles composent un langage où la matière dialogue avec l’espace et le vide, révélant des histoires et des mémoires invisibles. Entre le Luxembourg et l’île Maurice, l’artiste développe une pratique à la croisée de la du textile et de la sculpture. Elle puise dans ses héritages flamand et peul et ses souvenirs d’enfance pour explorer les liens entre matière, généalogie et transmission.

Portrait de Marie De DECKER. credits : Oksana Starikova

Lorsque nous rencontrons Marie DE DECKER, l’artiste traverse une période particulièrement foisonnante de sa carrière, avec cinq expositions qui se succèdent ou se déroulent simultanément, de Venise à Bruxelles, notamment Africa Legacy. Derrière cette actualité se dessine pourtant une réflexion plus intime sur la mémoire, la généalogie et la transmission. Chercheuse d’or, Marie DE DECKER remonte également le fil de sa propre généalogie et, par analogie, celui de l’humanité. À travers ses œuvres, elle tisse des liens entre les générations, les matières et les origines du vivant, puisant notamment dans les filets de pêche recueillis au cœur des mangroves de l’océan Indien. Dans cet entretien avec MAYÌ ARTS, l’artiste revient sur son rapport singulier à la matière, le dialogue entre ses héritages africain et européen, et cette conviction qui traverse sa pratique : une œuvre porte en elle une histoire, une mémoire et quelque chose qui nous survivra.

MAYÌ ARTS : Votre travail a récemment été exposé à Bruxelles à Africa Legacy, avec une œuvre monumentale qui souligne un rapport singulier à la matière. Comment est née cette relation avec les matériaux que vous explorez, de l’or aux filets de pêche, en passant par le textile 

Marie De DECKER : La matière est sans doute ce qui me passionne le plus, surtout pour son histoire. Je considère qu’une matière n’est jamais arrivée là par hasard. Elle a traversé différents états, différents lieux, qui l’ont transformée et ont laissé des traces. Les personnes qui l’ont côtoyées y ont également laissé leur empreinte. Ce sont toutes ces histoires que l’on ignore, mais que la matière peut révéler, que j’essaie de raconter à travers mon travail.

C’est pourquoi il est très important pour moi d’utiliser des matières qui, par exemple, sont restées longtemps dans l’océan. Les fonds marins regorgent d’éléments qui nous sont encore inconnus. Et il en va de même pour la nature de manière générale : nous pensons la connaître, mais elle constitue un monde fait de choses que nous ne voyons pas, que nous n’avons jamais vues ou expérimentées. Quelque part, ces matières qui ont séjourné dans l’océan ont traversé cet inconnu et peuvent, en retour, nous apprendre quelque chose. Je considère que ce sont justement ces choses que nous ne connaissons pas encore qui aideront les générations futures à ne pas reproduire les mêmes erreurs que nous, ou en tout cas à aller de l’avant, toujours plus loin, avec davantage de connaissances.


MAYÌ-ARTS : D’où provient votre connexion avec la mangrove qui est particulièrement présente au sein de votre œuvre ? 

Marie DE DECKER : Mon travail a plusieurs géographies et repose sur deux hémisphères différents tout simplement parce que je réside dans ces deux lieux qui sont Poudre D'or qui est un village dans le nord-est de Maurice et le Grand-Duché de Luxembourg, qui se situe en bordure de forêt. Mon travail évolue donc dans une forêt sur terre et une forêt sur l'eau. 

“Quelque part, ces matières qui ont séjourné dans l’océan ont traversé cet inconnu et peuvent, en retour, nous apprendre quelque chose.”
— Marie De DECKER




MAYÌ-ARTS : La notion de transmission, et plus particulièrement de généalogie, semble occuper une place centrale dans votre travail notamment si nous évoquons Les Jeunes Filles à la Perle présentée à Paris cet automne. Pouvez-vous revenir sur la genèse de cette œuvre ?

Marie De DECKER : Cette œuvre n’est pas une œuvre au pluriel mais une œuvre évolutive qui ne va faire que s'enrichir. Elle raconte une histoire qui rejoint le propos des matières. Quelque part, nous sommes le résultat de tout ce qui nous précède.

J’aime mettre en lumière  tout ce que nous ne connaissons pas mais qui nous habite sans que l’on en ait conscience et que nous ne connaissons pas. Il s’agit des ancêtres, par exemple. Nous connaissons nos parents, nos grands- parents voire nos arrière-grands-parents pour ceux qui ont vraiment de la chance seulement il est rare d’avoir des traces et donc une histoire au-delà. L’histoire de ces Jeunes Filles à la Perle est née d’un souvenir d’enfance. Ma grand-mère avait chez elle une reproduction du tableau de Vermeer. Je suis à moitié flamande et à moitié peule, du Mali, et à chaque fois que j’allais chez elle, j’ai longtemps cru qu’il s’agissait du portrait d’une arrière-grand-tante, d’une dame de notre famille à qui l’on devait beaucoup.

C’était la seule personne représentée dans un cadre aussi beau et aussi imposant. Et puis, c’était une peinture qui semblait ancienne. Je m’imaginais alors que c’était une dame de notre famille, déjà décédée, qui avait dû accomplir des choses extraordinaires dans sa vie. Je me disais qu’elle avait forcément fait quelque chose de très important pour qu’on lui accorde une telle place dans la maison. Et que, du coup, on lui devait beaucoup de respect, mais aussi énormément de gratitude.

J’étais émerveillée par cette œuvre. Ma grand-mère avait beau m’expliquer que ce n’était absolument pas quelqu’un de la famille, dans l’histoire, ce tableau avait quand même appartenu à sa grande-tante. Donc, quand elle mélangeait un peu les histoires, je ne comprenais plus rien de toute façon ! Dans ma tête, il y avait simplement cette grande-tante et ce tableau qui restait là. Quelque part, je me suis toujours identifiée à cette dame, en me disant que cette jeune fille, c’était un peu mes ancêtres à mon âge. Que, dans leur jeunesse, elles ressemblaient peut-être à ça. Et que toutes ces femmes, même si je les avais connues âgées, avaient elles aussi été, à un moment donné, des jeunes filles.



MAYÌ ARTS : Que racontent ces perles ?

Marie DE DECKER : Cette perle fait écho à mes origines flamandes. La perle est très présente dans la représentation de la féminité, notamment dans la peinture de la Renaissance et, plus largement, chez les primitifs flamands. On retrouve aussi toute cette question de la dentelle et du textile, très présents dans la peinture. Mais au-delà de leur représentation, la dentelle est aussi un savoir-faire pratiqué par des femmes, qui a fait la notoriété de régions entières. Quand je parle de la Flandre, je ne parle pas seulement du nord de la Belgique, mais des Flandres au sens large, du nord de la France jusqu’à la Hollande.

Toutes ces régions sont finalement devenues très riches grâce à l’art du textile. Et cet art du textile, celles qui le faisaient vivre, c’étaient les femmes. Des femmes qui, malheureusement, étaient souvent laissées dans l’invisibilité et dans la pauvreté. Ma grand-mère était elle-même professeure de couture. C’est elle qui m’a enseigné et transmis toutes les techniques de broderie, de tricot, de point de croix et de crochet que je célèbre aujourd’hui dans mon travail.


MAYÌ ARTS : Il y a donc un attachement très personnel, un sens profond derrière cette œuvre.

Marie De DECKER : Les Jeunes Filles à la Perle, c’est une célébration des femmes qui m’ont précédée, mais aussi du textile, qui a fait la puissance de nombreuses régions, qu’il s’agisse des Flandres, mais également de l’Afrique, avec le travail du textile, du tissage et les savoir-faire traditionnels de différents peuples et régions du continent. Ces Jeunes Filles à la Perle célèbrent mes ancêtres, en remontant le fil, c’est le cas de le dire, de mon arbre généalogique. Mais aussi, plus largement, celui de l’humanité entière. Parce que si l’on remonte suffisamment loin le fil de cet arbre, on arrive finalement aux organismes marins, puis aux organismes unicellulaires, qui sont nos premiers ancêtres.

MAYÌ ARTS : Vous sentez-vous particulièrement proche de l’une de ces figures féminines, ou avez-vous plutôt le sentiment de vous inscrire dans la continuité d’une lignée de femmes qui vous ont précédée ?

Marie DE DECKER : Je me sens particulièrement proche de ma grand-mère, c'est la personne qui m'a vraiment prise sous son aile quand il l'a fallu, durant mon enfance. C'est elle qui m'a ouverte à la culture, au travail de la main, avec mon grand-père, qui était moine dans une abbaye à Orval et qui a quitté les ordres lorsqu'il a rencontré ma grand-mère pour faire sa vie avec elle.

Il m'a offert mon premier appareil photo et m'a initiée à l'art. Il faisait aussi du tissage. Ils étaient donc tous les deux très attachés à ce qui relevait de l'élévation intellectuelle. Nous allions voir beaucoup d'expositions ensemble. Je me souviens que ma grand-mère découpait toujours de petits articles de journaux qu'elle m'envoyait par la poste, issus de médias auxquels je n'avais pas spécialement accès. Ils parlaient notamment de mode, des expositions en cours et d'autres sujets culturels. Elle a vraiment participé, je veux dire, très, très activement à mon éveil culturel. Bien plus que ce qu'on attendrait habituellement d'une grand-mère, d'autant que je n'ai pas eu la chance de grandir avec la présence quotidienne d'un père et d'une mère.



MAYÌ ARTS : Nous avons tendance à associer l’or au pouvoir et à la richesse lorsque votre travail semble lui donner un autre éclat. Quel est votre rapport entretenez-vous avec cette matière ?

Marie DE DECKER : J'ai consacré les premières années de ma carrière d’artiste en tant que photographe portraitiste suite aux enseignements de mon grand-père. Chercheuse dans l’âme, je souhaitais maîtriser mais aussi développer de nouvelles techniques afin de multiplier les cordes de mon arc.

C’est dans ce contexte que j’ai commencé à travailler mes tirages photographiques différemment, notamment avec de la dorure. Je cherchais un procédé qui me permette de quitter l’aspect bidimensionnel du tirage photographique, pour lui donner une autre valeur, quelque chose qui puisse résister à l’épreuve du temps.

Je cherchais des matières qui soient résistantes, ne se détériorent pas et qui puissent amener une autre lecture de l’image. J’ai donc commencé à m’intéresser à l’or en travaillant la dorure sur mes tirages puis en travaillant directement mes images dans le métal et réalisé des tirages photographiques uniquement avec de l’or.

Et plus je travaillais cette matière, plus je me rendais compte qu’elle avait une énergie vraiment particulière. Quand j’étais dans mon atelier, je ne me sentais jamais seule. J’avais vraiment la sensation que le lieu était habité par une énergie un peu différente de d’habitude. Je me suis alors demandé si cela ne provenait pas justement de l’or, qui était une matière nouvelle pour moi, que je n'utilisais pas du tout auparavant. Et je me suis dit que cet or avait peut-être une autre vocation que d’être simplement utilisé en aplat, comme c’est traditionnellement le cas dans l’art de la dorure, où il est rarement travaillé en volume ou dans l’espace. L’or est un métal dont l’histoire remonte aux origines de l’univers et qui, quelque part, contient en lui toute cette histoire ainsi que toutes les connaissances du monde. C’est un métal extrêmement puissant. Et surtout, il sera encore là bien après nous. Cela signifie que, lorsque je crée quelque chose avec de l’or, je dois être consciente que cette œuvre va me survivre. L’or continuera d’exister bien au-delà de ma propre présence.

Quelque part, je considère que j’ai la responsabilité de rendre le message que je transmets à travers cette matière aussi universel et juste que possible. Il ne doit pas simplement être le reflet d’une pensée éphémère, d’une préoccupation du moment ou d’une influence politique ou économique. La vie est un cycle. Ce qui est vrai aujourd’hui ne le sera peut-être plus demain, mais le redeviendra peut-être un jour. Il est donc important pour moi de raconter quelque chose qui puisse traverser les époques et conserver son sens, aussi bien dans l’hémisphère Nord que dans l’hémisphère Sud.

Quand on vit dans des endroits très différents, on se rend compte que les problèmes et les préoccupations ne sont pas les mêmes partout. Une œuvre qui a un certain sens dans un lieu géographique n’aura pas nécessairement la même signification ailleurs. C’est pourquoi je pense que le message porté par une œuvre doit pouvoir dépasser les frontières géographiques et les préoccupations du moment. C’est cette dimension universelle que je cherche à atteindre dans mon travail.

“...plus je travaillais cette matière, plus je me rendais compte qu’elle avait une énergie vraiment particulière. Quand j’étais dans mon atelier, je ne me sentais jamais seule. J’avais vraiment la sensation que le lieu était habité par une énergie un peu différente de d’habitude. ”
— Marie De DECKER



MAYÌ-ARTS : Vous semblez faire coexister naturellement vos héritages flamand et ouest-africain dans votre pratique artistique tout en explorant d'autres traditions culturelles à travers votre travail, comment parvenez-vous à faire dialoguer ces différentes identités ?

Marie DE DECKER : Je m’intéresse beaucoup à l’histoire des peuples. Je pense qu’il est important de ne pas raisonner uniquement en termes de frontières : la Belgique, la France, le Mali ou le Sénégal. Derrière ces nations, il y a avant tout des peuples qui ont voyagé, emportant avec eux leurs connaissances, leurs savoir-faire, leurs traditions et leurs cultures. Et c’est précisément là que réside leur immense richesse.

Chaque culture possède ses particularités, mais il existe également de nombreux points communs entre elles. Certaines se sont côtoyées au fil de l’histoire, tandis que d’autres ont parfois développé des pratiques similaires parce qu’elles répondaient aux mêmes préoccupations. Ces correspondances ne sont pas nécessairement consignées dans les livres d’histoire, mais elles deviennent évidentes lorsqu’on prend le temps d’observer.

Prenons l’exemple du textile, que nous évoquions à l’instant. Je trouve fascinante la manière dont il traverse les peuples et les civilisations. C’est un élément que l’on retrouve dans presque toutes les cultures, puisque nous avons tous, à un moment donné, eu besoin de nous vêtir. Selon les régions, les ressources disponibles et les classes sociales, les peuples ont développé différentes techniques de tissage, des motifs et des usages qui leur sont propres. Finalement, lorsque j’observe mes deux héritages culturels, je découvre tellement de correspondances que leur dialogue se fait assez naturellement. Je ne dirais pas que c’est toujours facile, mais ces points communs me permettent de les faire coexister sans avoir à les opposer.



Further Than Here, Technique mixte, or 24 carats, Diamètre : environ 165 cm, 2025, exposée à Africa Legacy en 2026. Credit : Marie De DECKER


Marie DE DECKER : Si j’existe aujourd’hui, avec des origines qui ne sont pas forcément très communes entre ces deux régions du monde, c’est qu’il y a une histoire derrière tout ça. J’ai commencé à beaucoup me poser la question : est-ce qu’il y en a eu d’autres avant moi ?

J’ai grandi surtout avec ma famille européenne, donc entourée d’une culture qui n’était pas du tout africaine, et en me sentant parfois un petit peu seule au monde. Je me disais : mais mince, mes parents se sont rencontrés en France, à Paris, mais est-ce qu’il y a eu, dans l’histoire, d’autres Ouest-Africains et Européens du Nord qui ont eu des contacts, qui ont créé des liens ? Et la réponse est clairement oui. Il y a eu de nombreux échanges depuis la Renaissance, et même avant la période des traites, avec des Européens qui allaient en Afrique et des Africains qui venaient en Europe, notamment pour le commerce, mais aussi comme ambassadeurs, pour représenter leur culture, leurs habitudes de vie, dans une forme d’échange.

Et ça, je trouve que c’est très rarement mis en avant dans les représentations des relations entre l’Europe et l’Afrique. On est souvent dans une forme de dualité, comme s’il fallait être soit l’un, soit l’autre, ou davantage l’un que l’autre. Aujourd’hui, je ne considère pas que je suis plus l’un que l’autre. Je fais ce que je peux, à mon niveau, avec ce que j’ai compris de mon existence et du monde. Et finalement, ça me semble assez logique de faire les choses comme ça.

“J’aime cette idée que l’art puisse transmettre quelque chose. ”
— Marie De DECKER



MAYÌ ARTS : Qu'est-ce que la pratique artistique vous apprend aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'elle vous apporte, personnellement ?

Marie DE DECKER : Alors, j'ai une anecdote à ce sujet, qui fait partie de mon histoire personnelle. Malheureusement, j'ai perdu ma meilleure amie des suites d'un cancer, il y a quelques années. Deux ou trois ans après sa disparition, la Fondation Cancer du Luxembourg est entrée en contact avec moi pour me proposer de réaliser une œuvre destinée à une vente aux enchères au profit de la fondation.

Cette œuvre a finalement été vendue 40 % au-dessus de son estimation. Et je me suis dit : mais regarde ! Au départ, il n'y avait rien. Et parce que j'ai donné l'impulsion de la création d'une œuvre, cette œuvre a existé et elle a permis de lever des fonds qui vont aider des gens à vivre, à vaincre cette maladie, qui vont peut-être permettre à des chercheurs de trouver des remèdes à ce malheur.

Et ça, c'est concret. Je veux dire, il n'y a rien de pire que de perdre un proche. Mais que, quelque part, l'art puisse contribuer à trouver des solutions pour que cela n'arrive plus, ou moins souvent, qu'il puisse en tout cas permettre de faire quelque chose face à ça, je trouve cela extraordinaire et tellement puissant. Cette œuvre, elle va aider la Fondation Cancer, mais elle va également traverser le temps au sein de la famille du collectionneur qui l'a acquise. Elle va participer, quelque part, à une certaine forme d'élévation intellectuelle ou spirituelle de cette famille, puis de tous ses descendants.

J'aime cette idée que l'art puisse transmettre quelque chose. C'est aussi ce que je ressens lorsque je vois des enfants à l'exposition Africa Legacy. Voir quelqu'un qui n'a pas nécessairement de connaissances en art, qui parfois ne sait même pas lire, ressentir une émotion, être touché par une œuvre au point d'avoir envie d'interagir avec elle, de tourner autour, de se cacher, d'y voir des choses, de comprendre des choses à sa manière. Pour moi, il n'y a rien de plus beau.

Retrouvez les oeuvres de Marie De DECKER sur art.mariededecker.com/fr

Ngalula MAFWATA

Ngalula MAFWATA is the Founder of Mayì-Arts.

https://www.mayiarts.com
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