Simon Njami et The Southern Art Hub à 1-54 Londres : La magie de faire voir
Simon Njami a le verbe précis et le goût du contre-pied. Penseur autant que faiseur, il refuse les définitions qui essentialisent l’Afrique et l’individu, à commencer par lui-même. À l’occasion de 1-54 Londres, il signe le commissariat de Feeling Pure Magic, une exposition présentée par The Southern Art Hub. Réunissant cinq artistes autour de l’invisible et de l’esprit, elle invite à renouer avec l’humain, ses émotions et les strates qui le constituent.
Simon DJAMI
Dans cet entretien, Simon Njami revient sur les réflexions qui ont guidé Feeling Pure Magic, une invitation à renouer avec l’humain, les émotions et l’être. Présentée par The Southern Art Hub à 1-54 Londres à partir du 15 octobre 2026, l’exposition réunit, sous son commissariat, les œuvres de David Damoison, Bisila Noha, Luma Nascimento, Kay Gasei et Sabrina Da Silva Medeiros.
MAYÌ ARTS : Qu’est-ce qui anime encore votre curiosité actuellement ?
Simon NJAMI : Ce qui anime ma curiosité… c’est compliqué. Je suis curieux de nature. Avec tout ce que j’ai fait, ce qui m’intéresse, ce sont plutôt des expériences un peu nouvelles, sinon je m’ennuie très vite. L’une d’elles, par exemple, est cette collaboration avec The Southern Art Hub. Au-delà de la dimension commerciale de la galerie, cette collaboration porte avant tout sur le projet qui est défendu alors que le côté commercial me laisse toujours aussi froid. En revanche, l’envie de montrer des choses d’une manière différente, de faire une vraie exposition dans un espace restraint et un cadre commercial, me paraissait valoir le coup.
MAYÌ ARTS : Feeling Pure Magic évoque autant le mystère qu’une célébration, qu’est-ce qui a nourri votre réflexion autour de la magie, de l’esprit et de notre rapport à l’invisible ?
Simon NJAMI : Vous savez, quand tout le monde suit une direction, dans un contexte, si vous voyez quelqu'un prendre la direction opposée, vous saurez que c'est moi (Rires). Je crois que nous vivons dans un monde de plus en plus dé-matérialisé, auquel l’intelligence artificielle participe. Je considère l'art comme une affaire humaine avant toute chose. Les œuvres pariétales constituent l’une des premières traces de ce que nous appellerons ensuite l’art. Je ne pense pas qu'au temps des cavernes on utilisait une quelconque autre intelligence que l'intelligence humaine. Celle-ci est faite de nombreuses composantes.
Je pense que la création artistique est en elle-même une forme de magie, si ce n’est la plus absolue. Comment, à partir d’un concept vague et abstrait, cheminez-vous pour produire quelque chose que vous donnez à voir aux gens ? Et comment chacun peut-il avoir une lecture différente de cette même chose ? Il me semble qu’on ne regarde pas l’art au microscope. On le regarde avec son corps, son histoire, ses sentiments, sa culture, au sens le plus large du terme. Pour chaque personne qui regarde une œuvre d’art, des connexions différentes se créent. Ces connexions-là, on ne peut pas entièrement les décrire. On peut essayer de les deviner, de leur donner un sens d’une manière un peu philosophique, entre guillemets. Mais il reste toujours une part de mystère, une part d’indéterminé.
“ Il existe encore des zones du monde où le vivant est ce qui compte le plus. Dans d’autres, c’est un peu plus sec. C’est cette célébration du vivant et du mystère que je voulais montrer, dans son universalité et au-delà d’un ancrage quelconque. ”
Quand vous commencez une œuvre, vous ne savez pas réellement ce qu’elle va donner. Il existe un dialogue entre vous et l’œuvre, entre ce que vous aviez projeté et la résistance du matériau. Il y a tous les accidents qui se produisent entre-temps, et les découvertes. Le résultat ne doit pas toujours correspondre à un schéma tout établi.
C’est un peu comme à l’époque de la photographie analogique : il s’écoulait un certain temps avant de voir exactement quelle photo on avait prise. Il y avait dans ce processus quelque chose que j’aimais beaucoup : le papier devait passer par le révélateur, ce bain qui rendait enfin visible ce qui, jusqu’alors, était invisible. Il me semble que c’est de cela que participe l’art.
MAYÌ ARTS : Que révèle cette magie, dans le contexte actuel ?
Simon NJAMI : J’ai choisi cette thématique parce que je sais qu’il existe une confusion, des lieux communs : si on dit Afrique, on pense spiritualité. Or, celui qui a écrit Du spirituel dans l'art et dans la peinture en particulier n’était pas un Africain : il s’appelait Kandinsky.
Et donc il me semble qu’il y a quelque chose d’un peu politique là-dedans. Il existe encore des zones du monde où le vivant est ce qui compte le plus. Dans d’autres, c’est un peu plus sec. C’est cette célébration du vivant et du mystère que je voulais montrer, dans son universalité et au-delà d’un ancrage quelconque. Évidemment, les artistes qui ont produit ces œuvres ont une histoire, elles viennent de quelque part. Mais l’invisible n’est pas le propre de l’Afrique. Peut-être qu’en Afrique, dans les Caraïbes, on y est encore un peu plus sensible, encore capable de déchiffrer les choses mais j’ai aussi rencontré des gens au Japon, en Australie, qui en étaient capables. Il s’agit donc de revenir à cette humanité première que nous sommes en train de perdre, de rappeler qu’à la base de tout, il y a l’humain.
Kay GASEI IAMBK Oil on reverse primed linen, 60cm x 120cm
MAYÌ ARTS : Quand vous dites que certaines zones sont « un peu plus sèches » dans leur rapport à l’humain, parlez-vous du monde moderne ?
Simon NJAMI : Je parle du monde occidental. J’aime avoir affaire à l’humain. L’humain ne réagit pas selon des présupposés ou des algorithmes. C’est ce qui fait que nous ne vivons pas dans un monde froid, où tout serait déterminé par les calculs.
MAYÌ ARTS : L’intelligence artificielle semble parfois se substituer à des échanges humains fondamentaux comme les conseils, les moments de recueillement voire de prière. Que perd-on dans cette substitution ?
Simon NJAMI : Il y a une déperdition, une sécheresse. Quand quelqu’un vous raconte quelque chose, il y a son attitude, tout ce qui le constitue. Si vous faites raconter le même récit par un ordinateur, vous n’aurez pas l’essentiel de ce qu’il signifie. Aujourd’hui, nous avons tendance à confondre l’efficacité, la résolution des choses, avec leur sens même. L’IA peut être capable de résoudre des choses, mais est-elle capable d’en saisir le sens ? Peut-elle percevoir votre tristesse et y réagir sans consulter une banque de données pour savoir comment faire ? Le message, c’est : revenons à l’humain. L’art est, pour moi, le plus proche traducteur de nos émotions. Et l’émotion est une chose invisible. Le langage permet de transformer le chaos que nous avons en nous en signes et en représentations. Sans ce chaos, si tout était organisé en moi selon un système, ce ne serait pas très drôle. La vie, c’est la surprise. Nous sortons sans savoir ce qui va arriver dans la rue, ce que nous allons voir. Nous dînons avec des amis, nous vivons des deuils. Tout cela, c’est la vie.
MAYÌ ARTS : Plusieurs artistes de l’exposition travaillent sur la mémoire, la transmission, le corps ou l’esprit. Comment avez-vous mis leurs pratiques en conversation autour de ce projet ?
Simon NJAMI : Il y a quelque chose de très simple, c’est mon arme fatale : je crée un concept, je le leur soumets, puis nous en discutons pour voir si nous partageons les mêmes envies. Cela fait longtemps que je travaille dans ce milieu, et jusqu’à présent, cela s’est toujours passé ainsi. L’une des choses sur lesquelles j’ai insisté auprès des uns et des autres, c’est que je voulais quelque chose de spirituel, et non de spiritualiste. Ce sont deux choses différentes. Ni la religion ni toutes ces considérations n’entraient dans notre discussion.
Je leur ai demandé de me parler de ce qui les faisait avancer aujourd’hui. Qu’est-ce qui les fabrique ? J’ai tendance à croire que nous sommes comme des restes, des traces géologiques, nous sommes constitués de strates. Quand nous prononçons cette phrase qui semble si simple, « je suis », de quoi parlons-nous ? C’est de ce « je suis » que je voulais parler, et c’est à partir de cela que je voulais qu’ils agissent. Il ne s’agissait pas de répondre à un exercice de style, mais, au contraire, d’en sortir pour se livrer soi-même.
En fonction des éléments que nous voyons nous pouvons subodorer l’histoire d’une personne, par strate. Les endroits où nous avons étudié, les voyages que nous avons faits, les luttes que nous avons menées, nos parents, nos grands-parents, nos amis, tout cela constitue qui nous sommes. Contrairement à ce que voudraient ceux qui cherchent à essentialiser les autres, à dire « vous êtes comme ci, donc vous êtes comme ça », cela ne peut pas se réduire à une apparence.
Vous n’avez pas besoin d’être polonais pour ressentir la tristesse dans une œuvre de Chopin. Quelque chose vous pénètre sans passer par les mots. Ce que vous ressentez n’est pas la tristesse de Chopin, elle vous renvoie à la vôtre, parce que vous reconnaissez la tristesse. Parler de spiritualité comme si l’esprit était réservé à un endroit ou à un autre est une erreur manifeste. On peut aussi vous inviter à vous souvenir, à réintégrer votre humanité. Nous sommes ici pour nous soigner les uns les autres.
David DAMOISON 18-65-31, Vodun Voyage, Saut D’Eau, Haïti, 1992-1999 Photography 24 x 30 cm
Sabrina Da Silva De Medeiros, Luma Nascimento, Bisila Noha, David Damoison, Kay GASEI
“ Il me semble qu’on ne regarde pas l’art au microscope. On le regarde avec son corps, son histoire, ses sentiments, sa culture, au sens le plus large du terme. ”
MAYÌ ARTS : Nous vivons une époque où l’on oublie parfois l’essentiel, où notre rapport aux émotions et à ce que nous sommes semble se brouiller. Il devient parfois difficile d’être pleinement soi-même.
Simon NJAMI : Il y a aussi un message politique. Certaines personnes ont intérêt à essentialiser les autres en pensant qu’il y a un “ nous, et il y a les autres.” Cette exposition dit qu’il n’y a qu’un seul « nous » : l’humain. C’est pour cela que j’aime l’art. L’art ne vomit pas de slogans. Il est là, il est ouvert, et chacun peut venir y prendre ce qu’il veut. L’art ne donne pas de leçons. Comme lorsque quelqu’un s’exprime, vous vous sentez proche ou non. Si vous ne vous sentez pas proche, ce n’est pas le problème de l’artiste. Ce n’est pas du prosélytisme. Il s’agit simplement de rappeler aux gens ce qu’ils pourraient avoir oublié.
MAYÌ ARTS : Entre récits familiaux, médias et discours venus du continent, chacun raconte et imagine l’Afrique à sa manière. Elle apparaît parfois comme une « science-fiction ». L’art permet-il de dépasser ces représentations et d’interroger ce que nous appelons « Afrique » ?
Simon NJAMI : D'une part, l'art n'a pas de langue et n'a pas de scientificité, je vous renvoie à L’Invention de l’Afrique de Valentin-Yves Mudimbe. Le problème de cette invention c’est qu’elle n’est pas uniquement externe, elle est aussi interne. Il y a deux inventions qui se frottent. Quand je suis en Afrique du Sud et que l’on me dit « nous, les Africains », je demande : de quel Africain parlez-vous ? De l’Indien, du Noir, du Blanc ? Quand je suis au Maroc, certains ne se pensent pas comme étant en Afrique. C’est encore autre chose.
L’Afrique n’existe pas. L’Afrique est une invention des uns et des autres. Chacun y projette un fantasme, positif ou négatif. La seule chose que je sache, c’est qu’il y a un continent qui s’appelle Afrique. À l’intérieur de tout cela, je trouve une liberté immense. Je pense que les Africains en savent plus sur le monde que le monde n’en sait sur l’Afrique. Les africains pratiquent au minimum trois langues, maternelles et coloniales et ont appris plusieurs histoires également. Quand certains viennent se plaindre auprès de moi, je leur rappelle qu’ils sont aussi en position de force. Je parle d’une force intellectuelle et humaine. Il faut cesser de se regarder uniquement à travers le regard de l’autre pour porter un regard sur soi-même.
C’est aussi ce qui guidait ma démarche lorsque nous avons fait un pavillon africain à Venise. Des journalistes ne comprenaient pas la présence de certains artistes tels que Jean-Michel Basquiat, Andy Warhol, Alfred Jaar. Pour moi, ce pavillon n’était ni une exposition d’artistes africains, ni un pavillon africain comme espace. C’était un espace dont je pouvais interroger les contours d’autant plus que ces artistes venaient d’une île, du continent. Puisque les cartes avaient été brouillées, j’allais les brouiller encore davantage. Certaines personnes scandent toujours l’Afrique, cela me fait rire, parce que j’y mets ce que je veux, et eux y mettent ce qu’ils veulent. Mais lorsqu’ils sont confrontés à ce que j’y mets, ils sont obligés de s’interroger sur ce qu’ils y mettent eux-mêmes.
“L’Afrique n’existe pas. L’Afrique est une invention des uns et des autres. Chacun y projette un fantasme, positif ou négatif. La seule chose que je sache, c’est qu’il y a un continent qui s’appelle Afrique.”
MAYÌ ARTS : Diriez-vous alors que l’Afrique dépasse la géographie ?
Simon NJAMI : J’avais fait un programme de télévision sur Arte qui s’appelait L’Afrique est ailleurs. L’un des avantages paradoxaux de ce continent, c’est que tout le monde a quelque chose à en dire. Si vous dites « Afrique », chacun aura sa petite histoire, son petit fantasme, son idée. Cela donne un potentiel pour déplacer les curseurs. Quand quelque chose n’est pas encore construit — et, pour moi, c’est le cas de la contemporanéité et de la création artistique —, vous n’avez d’autre choix que d’avancer, de tâtonner. Quand la chose est déjà construite, il n’y a qu’un choix : démolir. Or, l’Afrique est en mouvement perpétuel. C’est une espèce de mer agitée qui dépasse de très loin ses limites territoriales et qui envahit tout.
MAYÌ ARTS : Comment déplacer ces perceptions et rééquilibrer les regards ?
Simon NJAMI : Voilà des hommes noirs debout et qui nous regardent introduisait Jean-Paul Sartre dans son Orphée noir. Cela évoque le regard mais aussi le saisissement d’être vu. Ceux que l’on regarde ne sont pas seulement des êtres à regarder, ils nous regardent aussi. Les perceptions font partie de l’humanité. Nous en avons tous. Il n’y a pas une perception ou un préjugé qui soit supérieur à l’autre. Réfléchir à partir de cela peut déjà permettre de rééquilibrer les choses.
MAYÌ ARTS : Avec le recul, comment le regard sur les artistes africains et leur place dans les grandes manifestations internationales ont-ils évolué depuis vos premiers projets ?
Simon NJAMI : C’est très simple. Pendant longtemps une grande partie du monde avait été désignée terra incognita, terre inconnue. Or certains connaissent très bien cette terre mais d'autres avaient décidé que c’était une terre inconnue. Ainsi vous n'auriez pas vu un artiste non occidental au sein de ces manifestations dites internationales. La contemporanéité a longtemps été enfermée dans des définitions. Ensuite, on accepte ou on n’accepte pas. Moi, j’ai toujours refusé les diktats.
Je me souviens m’être retrouvé dans un débat en 1991 avec Yann Hoop, qui est devenu un ami depuis, qui me disait qu’il n’y avait rien en Afrique à son retour de voyage. À l’époque j’étais virulent, je lui donne donc une leçon et lui offre le premier numéro de Revue Noire. Trois mois plus tard, il me demandait les coordonnées de trois artistes.
Il y a plusieurs centralités, plusieurs polarités. Le problème, c’est que les gens ont été amenés à concevoir le monde comme s’il n’y avait qu’un seul centre. Tout ce qui se trouvait en dehors de ce centre restait dans l’obscurité. Comme si, lorsque le soleil n’était pas ici, il faisait nuit partout ailleurs. Le combat intellectuel reste immense face à l’ignorance. Évidemment, la situation a évolué : on est passé de zéro à quelque chose. Mais notre rôle reste d’ouvrir le monde, d’ouvrir les yeux aux gens. C’est la raison pour laquelle j’enseigne.
Il faut revenir à cette idée de l’universel chez Aimé Césaire comme étant la somme de toutes les particularités. Sans ces particularités, il ne reste qu’un ensemble monolithique où tout le monde fait la même chose, se lève à la même heure, se couche à la même heure, parle la même langue et pense la même chose. L'art interdit le monolithisme, il permet d'ouvrir les fenêtres, d'ouvrir les portes, de respirer.
Feeling Pure Magic, curation Simon Njami pour The Southern Art Hub à 1-54 Londres 2026
Bisila NOHA The Lost Bronze, Clay, 2026 Clay 50 x 30 cm
MAYÌ ARTS : Comment cette « pure magie » se manifeste-t-elle dans l’espace de l’exposition ?
Simon NJAMI : Il y a une chose que vous ne savez pas à mon propos : il n’y a rien que je signe que je n’aie choisi. J’aime le contrepied de mes propres expériences, quelque chose me dit que cet espace sera unique. Dans ma discussion avec Abraham (Abraham Abia, fondateur de The Southern Art Hub), je lui disais que je suis commissaire d’exposition et donc accrocher des choses au mur ne m’intéresse pas. Bien que nous soyons dans le contexte d’une foire, je veux que les choses soient montrées très précisément. Si les gens veulent en voir davantage, il y a des catalogues, des moyens de les informer. Ici, on n’est pas dans un magasin. Feeling Pure Magic est une exposition dont les éléments sont pensés pour que les visiteurs aient le sentiment d’entrer dans un espace particulier.
MAYÌ ARTS : Vous distinguez donc la présentation des œuvres de l’expérience d’une exposition.
Simon NJAMI : Il y a la présentation, un mot que je laisse au showroom, et il y a l’exposition, la curation. Faire une exposition, ce n’est pas simplement présenter les choses de manière agréable. Cela peut même créer de l’angoisse. Il s’agit de faire en sorte que, lorsque les gens entrent quelque part, ils ressentent quelque chose.
Feeling Pure Magic, curation Simon Njami pour The Southern Art Hub à 1-54 Londres 2026
Feeling Pure Magic : David Damoison, Bisila Noha, Luma Nascimento, Kay Gasei et Sabrina Da Silva Medeiros. Commissariat : Simon Njami. Stand de The Southern Art Hub, à 1-54 Londres, à partir du 15 octobre 2026.

